TAbleau corrige


Informations sélectionnées

1. présentation

a) nature, date, titre




b) Sujet représenté

Une série de sculptures en céramique (une quinzaine)

2001-2010

Les gueules de la terre


Sujet : des portraits de soldats blessés au visage (gueules cassées) ou morts (cranes) sur le front pendant la première guerre mondiale. Ces soldats sont anonymes et on ne sait pas leur nationalité

b) Auteur : quels éléments de biographie sont intéressants à retenir ?












Patrice Alexandre est un sculpteur potier de renommée internationale (ex : prix de la biennale à Budapest). Il a étudié aux Beaux Arts de Paris et a récemment écrit un mémoire sur le rôle du sculpteur pour transmettre la mémoire des événements historiques.

Il a déjà travaillé sur la première guerre mondiale . Ex : la ville de Reims lui a demandé de revisiter le monument dédié aux soldats des colonies.(voir photos)


2) Contexte historique de réalisation.



Contexte historique du sujet représenté.



http://www.gueules-cassees.asso.fr/srub_8-Notre-histoire.html


Ces œuvres ont été réalisées en prévision de la célébration du centenaire de la première guerre mondiale (1914-2014). Patrice Alexandre a été exposé en 2014 pour commémorer cette guerre.


La première guerre mondiale (14-18)

A la fin de la guerre le bilan est lourd (10 millions de morts )

En Europe, au lendemain de la guerre, on compte environ 6,5 millions d' invalides, dont près de 300 000 mutilés à 100 % : aveugles, amputés d'une ou des deux jambes, des bras, et blessés de la face et/ou du crâne.

L'emploi massif des tirs d'artillerie, les bombes, les grenades, le phénomène des tranchées où la tête se trouve souvent la partie du corps la plus exposée ont multiplié le nombre des blessés de la face et la gravité des blessures.

Les progrès de l'asepsie et les balbutiements de la chirurgie réparatrice permettent de maintenir en vie des blessés qui n'avaient aucune chance de survivre lors des conflits du 19ème siècle.

Quelle vie après la survie ?

 

Ces broyés de la guerre gardent la vie, mais c'est pour vivre un nouveau cauchemar.


Les regards, y compris parfois, ceux de leur famille, se détournent sur le passage de ces hommes jeunes, atrocement défigurés.


Ils ont honte de se montrer, ils ne savent où aller. Ils sont sans travail et rien n'a été prévu pour eux. Ni foyer entre deux opérations, la reconstruction du visage pouvant nécessiter plusieurs années, ni pension, car à cette époque la blessure au visage n'est pas considérée comme une infirmité et n'entraîne donc aucun droit à pension d'invalidité.


C'est dans cet abîme de détresse que quelques-uns d'entre eux, refusant le désespoir et la pitié, s'élevèrent au-dessus de leur condition de mutilé pour proclamer leur humanité.


Le 21 juin 1921, à l'initiative de deux « grands mutilés», Bienaimé Jourdain et Albert Jugon, une quarantaine de soldats blessés au visage créent l'Union des Blessés de la Face, qu'ils surnomment les " Gueules Cassées " :

Ils en confient la présidence au Colonel Yves Picot.


leur devise " Sourire quand même ",

leur arme, la Solidarité.


Une solidarité sans faille qui a permis d'assurer à leurs camarades, sans jamais demander la moindre aide à l'Etat, une vie digne des sacrifices qu'ils avaient consentis au nom de la France.


2. Description :

a) description précise des éléments





- portraits (uniquement la tête)

- tous différents et emplois différentes techniques

- ils portent tous des casques qui permettent d'identifier qu'ils sont des soldats

- certains casques sont réels, d'autres en céramique : casques déformés, abimés, déchiquetés...

- ils portent tous des « coups » de la guerre ; nez abîmé, brûlures, défiguration…

- certains ne sont plus que des crânes blancs

- incrustations de chambres à air qui passent par les narines

b) Technique utilisées, couleurs et choix







Céramique : technique qui utilise de la terre pour faire une sculpture. Cette terre à un grain plus ou mins fin qui donne un aspect spécifique à la sculpture .

Ensuite les céramiques peuvent être émaillées puis cuites, ou alors elles sont séchées à l'air libre et cirées ( mais elles sont alors moins résistantes)

grain très fin = porcelaine

grain très grossier = grès

ici le grain est assez grossier pour donner un aspect terreux (tranchées).


Raku : technique japonaise de céramique qui consiste à cuire très longtemps à faible température et à donner un effet craquelé noir ( permet d’imiter les brûlures dans notre cas)


Email : enduit vitreux dont on enduit la céramique pour la colorée et la rendre imperméable.



3. Interprétation :


-Pourquoi un artiste contemporain s’intéresse à ce sujet ?




- Pourquoi ce titre ?







- pourquoi les représente-t-il de cette manière, avec ces techniques ?










P. Alexandre s'interesse depuis longtemps au travail de mémoire. Peut -etre a-t-il dans son histoire familiale des ancêtres qui sont tombés à la guerre ? Peut-etre souhaite-t-il allier sa passion de l'histoire des guerres et son métier de sculpteur ?

Aussi il souhaite exposer et vendre ses œuvres donc il prépare la commémoration du centenaire.




Cela fait référence à différents éléments du sujet :

terre : la céramique mais aussi les tranchées

gueules : les portraits ou les gueules cassées (vocabulaire des poilus)


Ce sont des portraits anonymes le mot « les » signifie que cette œuvre est dédiée à tous les hommes qui ont combattus … elle est universelle elle peut même évoquer d'autres guerres… et en dénoncer les horreurs.

La sculpture permet de renforcer le réalisme et d'insister sur les déformations (3D)

La terre grossière permet de donner un aspect brut : plus propice à une représentation de soldats (les poilus)

Cette terre peut être brisée (éclat d'obus), brulée (lance flamme), cirée (soldat des colonies?), …

Elle permet de représenter toutes les blessures de guerre.

Les chambres à air peuvent faire penser à des masques à gaz (ref gaz moutarde)

ou alors a des bandages pour cacher des blessures

4. ouverture :

Trouver d'autres artistes qui s’intéressent au même sujet (les gueules cassées)



Otto Dix : Rue de Prague, tableau sur les mutilés et gueules cassées. Otto Dix a fait la guerre et peint ce qui l'a traumatisé.

Livre (Marc Dugain 1998) et film ; La chambre des officiers : François Dupeyron 2001.

René Apellec réalise des collages